La dernière version de Peter Pan qu'il m'avait été donnée de voir était celle d'un Steven Spielberg qui, à cette occasion, s'emmêla sérieusement les pinceaux dans une vaine de tentative de décryptage du mythe. Un essai assez malheureux qui aboutit, à mon humble avis, à la première anicroche au cours d'une brillante carrière jusque là irréprochable.
C'est donc avec une grande méfiance que j'ai entamé la vision de ce blockbuster enfantin. Et, à ma grande surprise, je dois avouer que je suis rapidement tombé sous le charme. En effet, j'ai tout d'abord été séduit par le choix du cinéaste Paul J. Hogan de respecter presque à la lettre le texte originel et encore plus le célèbre dessin animé. Un magnifique hommage qui, de plus, renvoie sur un territoire reconnu, qui évoque la magie parmi les plus vieux d'entre nous. Le scénario suit ainsi presque séquence par séquence la trame classique et met en scène la totalité des personnages habituels. Un panel de personnages auquel on peut ajouter celui de la tante Millicent, créé pour l'occasion, qui n'apporte pas grand-chose, mais qui sert cependant de mesure étalon de la bonne pensée de l'époque – qui est, rappelons le, le tout début du 20ième siècle.
Donc, si ce film n'est en rien une surprise et par conséquent ne possède aucune originalité, quels sont donc ces particularismes qui contribuent à en faire son charme ? Tout d'abord, j'opterais, en tant qu'adulte, à l'excellente mise en valeur du facteur psychologique contenu dans le récit, notamment dans le traitement du syndrome de Peter Pan. Une possibilité de seconde lecture qui évite au film de sombrer dans le puéril, voir le bêtifiant, et qui apporte son lot de séquences fortes en émotions. N'oublions pas que Peter Pan, comme Alice au Pays de Merveilles par exemple, est un récit pour enfant, certes, mais écrit à une époque où la psychanalyse prenait racine directement dans les questionnements des enfants.
Le deuxième élément qui joue en faveur de cette version est la bonne crédibilité de certains personnages principaux, comme Peter Pan, Wendy, les Enfants Perdus, Mousse et Crochet. Le rôle principal est interprété de manière convaincante par le jeune Jeremy Sumpter, même s'il on sent qu'il est nettement plus à l'aise dans sa romance avec Wendy (une liaison aussi poussée que dans la version de 1924, qui met en avant le traitement adulte du sujet) que dans les cascades et les scènes d'actions. Il fait de toute manière un Peter Pan très crédible. Passons sur la prestation de la débutante Rachel Hurd-Wood qui s'en sort plutôt bien dans le rôle de Wendy l'initiatrice, et venons en au cas de Jason Isaacs, car il en vaut largement le détour.